Vous venez de subir un contrôle routier et votre test salivaire a été envoyé au laboratoire ? Votre permis de conduire est retenu et vous êtes dans le flou ? Vous voulez surtout savoir combien de temps cette attente va durer ?
Cet article vous donne le délai précis pour obtenir les résultats d’analyse de votre prélèvement salivaire. Vous comprendrez aussi toute la procédure, ce qui se passe ensuite et quels sont vos droits.
Tableau Récapitulatif : Délais et Procédure du Test Salivaire
Pour y voir clair tout de suite, voici les étapes et les délais clés à connaître. C’est la réponse directe à votre principale question.
| Étape | Acteur | Délai Clé | Conséquence / Action |
|---|---|---|---|
| Contrôle routier / Dépistage | Gendarmerie / Police | Immédiat | Test rapide. S’il est positif, on passe à l’étape suivante. |
| Prélèvement salivaire | Gendarmerie / Police | Immédiat (après dépistage) | Un second échantillon est prélevé et envoyé au laboratoire pour analyse. |
| Rétention du permis de conduire | Gendarmerie / Police | 120 heures maximum (5 jours) | Interdiction de conduire. Vous recevez un avis de rétention. |
| Analyse en laboratoire | Laboratoire agréé | 5 à 8 jours en moyenne | Le laboratoire recherche et quantifie les produits stupéfiants. |
| Notification des résultats | Gendarmerie / Police | Dès réception des résultats | Vous êtes contacté (souvent par téléphone) pour venir chercher les résultats. |
| Décision de la Préfecture | Préfet | Généralement sous 120h | Si positif : suspension administrative du permis de conduire. |
Le Déroulement du Contrôle Salivaire (Étape par Étape)
Pour bien comprendre où vous en êtes, il faut revenir sur le déroulement du contrôle par les forces de l’ordre. La procédure est très cadrée et se passe en plusieurs temps.
L’interception et le premier test de dépistage
Tout commence lors d’un contrôle routier. Les forces de l’ordre (police ou gendarmerie) peuvent décider de vous soumettre à un test de dépistage de stupéfiants. Ce n’est pas forcément parce que vous avez fait une erreur de conduite. Ça peut arriver lors d’un contrôle de routine ou après un accident.
Le premier test est un test de dépistage rapide. On vous demande de passer un petit bâtonnet sur votre langue et vos joues. Le résultat apparaît en quelques minutes. Il indique juste si oui ou non une substance est détectée. Il ne dit pas quelle quantité.
- Si le test est négatif : vous pouvez repartir. Le contrôle est terminé.
- Si le test est positif : la procédure continue. Vous ne pouvez pas reprendre le volant.
Le prélèvement salivaire pour le laboratoire
Si le premier test est positif, les forces de l’ordre doivent confirmer ce résultat. Pour cela, elles réalisent un prélèvement salivaire. C’est un second test, mais cette fois l’échantillon n’est pas analysé sur place. Il est scellé devant vous et envoyé à un laboratoire agréé.
Ce prélèvement est crucial car c’est lui qui a une vraie valeur juridique. C’est le résultat de l’analyse en laboratoire qui servira de base pour d’éventuelles poursuites.
La rétention immédiate du permis de conduire
Dès que le test de dépistage est positif, votre véhicule est immobilisé. Les forces de l’ordre procèdent à la rétention de votre permis de conduire. Vous n’avez plus le droit de conduire. On vous remet un document qui s’appelle un « avis de rétention ».
Cette rétention dure au maximum 120 heures, soit 5 jours. C’est le temps dont disposent les autorités (le préfet) pour recevoir les résultats du laboratoire et prendre une décision de suspension ou non.
Quel est le Délai pour Recevoir les Résultats du Laboratoire ?
C’est la question principale. Une fois le prélèvement envoyé, l’attente commence. En pratique, le délai pour que le laboratoire rende son analyse est en moyenne de 5 à 8 jours.
Ce délai peut varier. Il dépend de plusieurs facteurs :
- Le temps de transport de l’échantillon jusqu’au laboratoire.
- La charge de travail du laboratoire (s’ils ont beaucoup d’analyses à faire).
- Le type d’analyse nécessaire pour confirmer la présence de stupéfiants.
Le lien avec les 120 heures de rétention
Vous avez bien lu : la rétention du permis est de 120 heures maximum, mais les résultats mettent souvent plus de temps à arriver. Comment ça se passe alors ? En réalité, le préfet prend souvent sa décision de suspension administrative avant même d’avoir le résultat définitif du laboratoire, en se basant sur le test de dépistage positif et le procès-verbal.
Si au bout des 120 heures, la préfecture n’a pris aucune décision, les forces de l’ordre sont obligées de vous rendre votre permis. Mais attention, cela ne veut pas dire que la procédure est abandonnée. Si les résultats du labo reviennent positifs plus tard, la suspension et les poursuites seront enclenchées à ce moment-là.
L’importance de l’analyse en laboratoire
Depuis un arrêt de la Cour de cassation de mars 2024, la fiabilité du test de dépistage rapide n’a plus à être prouvée par les forces de l’ordre. Cela renforce l’importance du prélèvement salivaire envoyé au laboratoire. C’est cette analyse qui est la pièce maîtresse du dossier. C’est elle qui confirme ou infirme la présence de produits stupéfiants et qui peut être contestée.
Que se Passe-t-il après la Réception des Résultats ?
Une fois l’analyse terminée, le laboratoire envoie ses conclusions aux forces de l’ordre. Deux scénarios sont alors possibles.
Cas N°1 : Le résultat de l’analyse est négatif
C’est la meilleure nouvelle que vous puissiez recevoir. Si le laboratoire ne détecte aucune trace de stupéfiants, la procédure s’arrête net.
- Toutes les charges sont abandonnées.
- Votre permis de conduire vous est immédiatement restitué si ce n’est pas déjà fait.
- Vous ne perdez aucun point sur votre permis.
- L’affaire est classée sans suite.
Ce cas de figure est rare si le test de dépistage initial était positif, mais il peut arriver, notamment en cas de « faux positif » dû à certains médicaments.
Cas N°2 : Le résultat de l’analyse est positif
C’est le cas le plus fréquent. Si le laboratoire confirme la présence de stupéfiants (THC, cocaïne, opiacés, etc.), la procédure suit son cours. Vous serez contacté par la police ou la gendarmerie, souvent pour une convocation.
Deux procédures distinctes se mettent en marche en parallèle :
- La procédure administrative : Le dossier est transmis au préfet. Sur la base du résultat positif, il prend un arrêté de suspension administrative de votre permis. Cette suspension peut durer jusqu’à 6 mois, voire 1 an dans les cas les plus graves.
- La procédure judiciaire : Le dossier est aussi envoyé au Procureur de la République. C’est lui qui décide des poursuites judiciaires. Vous pourrez être convoqué au tribunal pour être jugé.
La suspension administrative est une mesure de sécurité immédiate. Les sanctions judiciaires (amende, prison, annulation du permis) viendront plus tard, lors de votre jugement.
Comment Contester un Résultat ? (Faux Positif et Contre-Expertise)
Vous pensez que le résultat est une erreur ? Vous avez le droit de le contester, mais il faut agir vite et de la bonne manière. La principale voie de recours est la contre-expertise.
Il s’agit le plus souvent d’une analyse de sang, réalisée à partir d’un prélèvement sanguin fait juste après votre contrôle. Pour que ce soit possible, il faut en faire la demande. Le mieux est de le signaler au moment du prélèvement salivaire. L’agent doit le noter sur le procès-verbal.
Le cas du « faux positif »
Parfois, un test peut être positif à cause d’un traitement médical. Certains médicaments contiennent des molécules proches de celles des stupéfiants (par exemple, des opiacés contre la douleur). Si vous êtes dans ce cas, il est indispensable de le signaler aux forces de l’ordre et de fournir une ordonnance médicale.
La contre-expertise permettra de distinguer la prise de médicaments de la consommation de produits illicites. Sans preuve médicale, il sera très difficile de plaider le faux positif.
Les Sanctions encourues en cas de Test Positif Confirmé
Conduire après avoir consommé des stupéfiants est un délit. Si l’analyse du laboratoire confirme le test positif, les sanctions prévues par le Code de la route sont lourdes.
Selon l’Article L 235-1 du Code de la route, vous risquez principalement :
- Jusqu’à 2 ans de prison.
- Une amende pouvant atteindre 4 500 euros.
- La perte de 6 points sur votre permis de conduire.
- Une suspension de votre permis jusqu’à 3 ans (sans aménagement possible pour le travail).
- L’annulation de votre permis avec interdiction de le repasser pendant 3 ans.
- L’obligation de faire un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
- La confiscation de votre véhicule.
Ces peines peuvent être aggravées si vous avez également consommé de l’alcool ou si vous êtes responsable d’un accident.
FAQ – Questions Fréquentes
Un traitement médical peut-il rendre le test positif ?
Oui, c’est possible. Certains médicaments, notamment les antidouleurs à base d’opiacés (codéine, morphine, tramadol) ou certains anxiolytiques, peuvent entraîner un résultat positif. Si vous suivez un traitement, gardez toujours votre ordonnance avec vous et présentez-la immédiatement aux forces de l’ordre. Cela ne vous évitera pas le prélèvement, mais ce sera un élément crucial pour votre défense.
La gendarmerie est-elle obligée de me contacter avec les résultats ?
Oui, les forces de l’ordre ont l’obligation de vous notifier le résultat de l’analyse, qu’il soit positif ou négatif. Si le résultat est positif, cette notification est le point de départ du délai de 5 jours pour demander une contre-expertise. La notification se fait souvent par téléphone avec une demande de vous présenter à la brigade ou au commissariat.
Que faire si je n’ai aucune nouvelle après 10 jours ?
Si après 10 jours vous n’avez toujours pas de nouvelles, il est conseillé de contacter vous-même la gendarmerie ou le commissariat qui a procédé à votre contrôle. Il est possible que votre dossier ait pris du retard. Ne pas avoir de nouvelles ne signifie pas que la procédure est abandonnée.
Combien coûte une contre-expertise ?
La contre-expertise (analyse sanguine) est à vos frais. Les tarifs peuvent varier selon les laboratoires, mais il faut compter en général entre 150 et 300 euros. Cette somme n’est pas remboursée, même si l’analyse s’avère négative.
Combien de temps les drogues restent-elles détectables dans la salive ?
La durée de détection varie beaucoup selon les substances, la fréquence de consommation et le métabolisme de chacun. Pour connaître les durées de positivité des différentes substances, vous pouvez consulter des tableaux de référence. Par exemple, le THC (cannabis) peut être détecté de 6 à 8 heures pour un usage occasionnel, mais jusqu’à plusieurs jours pour un usage régulier.




