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DPE E et Location : Est-ce Interdit en 2026 ?

DPE E et Location : Est-ce Interdit en 2026 ?

Vous possédez un logement classé DPE E et vous vous inquiétez pour sa location ? Vous avez entendu parler d’interdictions à venir et vous voulez savoir si vous êtes concerné dès 2026 ?

La réponse est non. La location d’un logement avec un DPE E ne sera pas interdite en 2026. La loi Climat et Résilience a fixé un calendrier précis, et l’échéance pour votre bien est plus lointaine. Cet article vous donne le calendrier exact et vous explique tout ce qu’il faut savoir pour anticiper l’interdiction de location des DPE E, fixée au 1er janvier 2034.

Calendrier Officiel d’Interdiction de Location des Passoires Thermiques

Pour comprendre les échéances, il faut se référer à la loi Climat et Résilience. Elle a établi un calendrier progressif pour retirer du marché locatif les logements les plus énergivores, aussi appelés « passoires thermiques ».

Voici le calendrier officiel à retenir. Il est simple et concerne toutes les nouvelles locations, les renouvellements et les reconductions de baux.

🗓️ Dates clés des interdictions de location
Classe DPE Date d’Interdiction de Location
G 1er janvier 2025
F 1er janvier 2028
E 1er janvier 2034

Comme vous pouvez le voir, vous avez encore plusieurs années pour vous préparer. Mais il est important de ne pas attendre le dernier moment pour agir et améliorer la performance énergétique de votre logement.

Qu’est-ce qu’un Logement Classé DPE E ?

Un logement avec une étiquette DPE E est déjà considéré comme ayant une performance énergétique médiocre. Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) évalue deux critères principaux pour attribuer une note de A à G.

Pour être classé E, un logement doit présenter les caractéristiques suivantes :

  • Une consommation d’énergie primaire comprise entre 250 et 330 kWh/m²/an.
  • Des émissions de gaz à effet de serre comprises entre 50 et 70 kg CO₂eq/m²/an.

Concrètement, un logement classé E souffre souvent de plusieurs défauts qui augmentent sa consommation d’énergie. On retrouve fréquemment :

  • Une isolation thermique insuffisante (toiture, murs).
  • Des fenêtres en simple vitrage ou du double vitrage ancien.
  • Un système de chauffage énergivore (vieille chaudière au fioul ou au gaz, convecteurs électriques anciens).
  • Une mauvaise ventilation qui entraîne des déperditions de chaleur.

Quelles Conséquences pour les Propriétaires Bailleurs ?

L’interdiction de 2034 peut sembler lointaine, mais ne rien faire aura des conséquences bien avant cette date. En tant que propriétaire, vous devez comprendre les risques et les opportunités.

L’impossibilité de louer après 2034

La conséquence la plus directe est simple : à partir du 1er janvier 2034, si votre bien est toujours classé E, il sera considéré comme un « logement indécent ». Vous ne pourrez plus :

  • Signer un nouveau contrat de location.
  • Renouveler ou reconduire tacitement un bail en cours.

Le locataire en place pourra exiger la réalisation de travaux de mise en conformité. En cas de refus, il pourra saisir la justice pour obtenir une réduction de loyer ou la suspension du bail.

Une perte de valeur du bien immobilier

La « valeur verte » d’un logement, c’est l’impact de sa performance énergétique sur son prix de vente. Un mauvais DPE entraîne déjà une décote importante à la revente. Plus l’échéance de 2034 approchera, plus cette décote sur la valeur vénale s’accentuera pour les biens classés E.

Anticiper les travaux de rénovation, c’est donc aussi protéger la valeur de votre patrimoine et le rendre plus attractif sur le marché de la vente ou de la location.

Comment Améliorer son DPE : Les Travaux Prioritaires pour Sortir de la Classe E

Pour passer d’une étiquette E à une classe D, C ou même B, il faut réaliser des travaux de rénovation énergétique. La première étape, avant tout projet, est de faire réaliser un audit énergétique. Cet audit, plus complet que le DPE, vous donnera un plan d’action précis et chiffré.

En général, les travaux les plus efficaces sont les suivants.

1. L’isolation thermique : la priorité absolue

C’est le point de départ de toute rénovation efficace. Sans une bonne isolation, toute l’énergie que vous produisez pour chauffer s’échappe. Les zones à traiter en priorité sont :

  • Les combles et la toiture (jusqu’à 30% des déperditions de chaleur).
  • Les murs (par l’intérieur ou par l’extérieur).
  • Les planchers bas (sur sous-sol ou vide sanitaire).

2. Le remplacement du système de chauffage

Après l’isolation, changer un système de chauffage ancien par un équipement plus performant permet de faire d’importantes économies d’énergie. Les solutions modernes incluent :

  • La pompe à chaleur (air-eau ou air-air).
  • La chaudière gaz à très haute performance énergétique.
  • Le poêle à granulés de bois.

3. Le changement des fenêtres

Remplacer du simple vitrage par du double, voire du triple vitrage, réduit les pertes de chaleur et améliore le confort acoustique. C’est un complément indispensable à l’isolation des murs.

4. L’installation d’une ventilation performante

Une bonne ventilation (VMC) est essentielle pour assurer un air sain et évacuer l’humidité. Une VMC double flux permet même de récupérer la chaleur de l’air sortant pour préchauffer l’air entrant, ce qui génère des économies de chauffage.

Quelles Aides Financières en 2026 pour la Rénovation d’un Logement DPE E ?

Réaliser des travaux représente un investissement. Heureusement, l’État a mis en place de nombreuses aides pour encourager les propriétaires, y compris les bailleurs, à rénover leur logement. Pour en bénéficier, vous devez presque toujours faire appel à un artisan certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).

Voici les principales aides disponibles :

  • MaPrimeRénov’ : C’est la principale aide de l’État. Pour les rénovations d’ampleur sur les passoires thermiques, le parcours « MaPrimeRénov’ Parcours accompagné » est obligatoire. Il finance une part importante des travaux à condition d’améliorer le DPE d’au moins deux classes.
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : Versées par les fournisseurs d’énergie (EDF, TotalEnergies, etc.), ces primes sont cumulables avec MaPrimeRénov’.
  • L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : Il permet de financer le reste à charge de vos travaux sans payer d’intérêts, jusqu’à 50 000 €.
  • La TVA à 5,5% : Le taux de TVA est réduit à 5,5% pour la main-d’œuvre et le matériel sur les travaux de rénovation énergétique.
Bon à savoir

La plupart des aides sont soumises à des conditions de ressources et dépendent du gain énergétique obtenu après travaux. Il est fortement conseillé de se faire accompagner par un conseiller France Rénov’ pour monter son dossier de financement.

FAQ – DPE E et Location

Puis-je encore augmenter le loyer d’un logement classé DPE E ?

Oui, pour le moment. Contrairement aux logements classés F et G dont les loyers sont déjà gelés, l’indexation du loyer d’un DPE E reste autorisée, sauf si le logement se situe en zone tendue où des règles spécifiques peuvent s’appliquer.

Que se passe-t-il pour les locations saisonnières ?

Les locations touristiques de type Airbnb sont également concernées par le DPE. Si le logement est loué plus de 4 mois par an, il est soumis aux mêmes règles d’interdiction que les locations classiques.

L’interdiction s’applique-t-elle aux baux en cours en 2034 ?

Oui. L’interdiction s’applique à la reconduction tacite ou au renouvellement du bail. Un locataire en place dans un logement DPE E pourra, après le 1er janvier 2034, exiger des travaux s’il souhaite rester.

Un audit énergétique est-il obligatoire pour un DPE E ?

Non, l’audit n’est pas obligatoire pour la location. Cependant, il est indispensable pour obtenir la plupart des aides financières à la rénovation (comme MaPrimeRénov’ Parcours accompagné) et pour planifier efficacement les travaux nécessaires.

Julien

Julien

Expert juridique passionné, partageant conseils et analyses pour vous aider à comprendre vos droits.