Avocat

Amende téléphone au volant 90 euros : Votre avocat vous explique l’infraction

Amende téléphone au volant 90 euros : Votre avocat vous explique l’infraction

Amende téléphone au volant à 90 euros : vous venez de recevoir un avis de contravention et vous vous demandez comment réduire le montant ? Vous voulez connaître exactement vos droits et les sanctions auxquelles vous vous exposez ?

Figurez-vous que vous n’êtes pas seul dans cette situation. Chaque année, des milliers de conducteurs se retrouvent verbalisés pour usage du téléphone au volant, et beaucoup ignorent qu’ils peuvent bénéficier d’une amende minorée sous certaines conditions.

Dans cet article, je vais vous expliquer précisément comment fonctionne cette infraction, quels sont les montants exacts des amendes, et surtout comment vous pouvez agir pour minimiser les conséquences sur votre permis de conduire. Vous découvrirez aussi les nouvelles dispositions qui peuvent vous faire perdre votre permis immédiatement.

Prêt à tout savoir sur cette contravention qui peut vous coûter bien plus que 90 euros ? C’est parti !

Ce que dit la loi : l’infraction définie par l’article R412-6-1

L’usage du téléphone tenu en main au volant est strictement encadré par l’article R412-6-1 du code de la route. Cette réglementation n’est pas née d’hier : elle a été progressivement durcie face à l’augmentation des accidents liés à l’usage du téléphone portable.

Concrètement, la loi interdit à tout conducteur d’un véhicule de tenir en main un téléphone portable pendant la conduite. Cette interdiction s’applique que vous soyez en mouvement, à l’arrêt à un feu rouge, ou même dans un embouteillage. Seul l’arrêt complet avec le moteur éteint vous autorise à manipuler votre téléphone.

L’infraction est qualifiée de contravention de 4ème classe. Cela signifie qu’elle fait partie des infractions considérées comme moyennement graves dans la hiérarchie des contraventions routières. Cette classification détermine directement le montant des sanctions et les conséquences sur votre permis de conduire.

Il faut bien comprendre que cette interdiction ne concerne pas seulement les appels téléphoniques. Consulter ses messages, utiliser une application de navigation, prendre une photo ou filmer une vidéo tombent également sous le coup de cette réglementation. Les forces de l’ordre peuvent vous verbaliser dès qu’ils constatent que vous tenez votre téléphone en main.

Les montants d’amendes : de 90 à 375 euros selon votre réactivité

Le système de sanction pour l’usage du téléphone au volant fonctionne selon un barème précis que tout conducteur devrait connaître. Voici un tableau récapitulatif des montants selon votre situation :

Type d’amende Montant Conditions
Amende minorée 90 € Paiement dans les 15 jours (45 jours par internet)
Amende forfaitaire 135 € Paiement dans les 45 jours
Amende majorée 375 € Après 45 jours sans paiement
Amende majorée réduite 300 € Paiement en ligne de l’amende majorée

L’amende minorée de 90 euros représente donc l’option la plus avantageuse financièrement. Pour en bénéficier, vous devez impérativement régler votre contravention dans les 15 jours suivant la date de l’avis (ou 45 jours si vous payez par télépaiement sur le site de l’ANTAI).

Attention cependant : même si vous payez l’amende minorée, vous perdrez automatiquement 3 points sur votre permis de conduire. Cette déduction de points intervient quelques semaines après votre paiement, le temps que l’administration traite votre dossier.

En cas d’oubli ou de négligence, l’amende peut rapidement grimper. Au-delà de 45 jours sans paiement ni contestation, vous recevrez un avis d’amende majorée de 375 euros. Même dans ce cas, vous pouvez encore limiter les dégâts en payant en ligne, ce qui réduit le montant à 300 euros.

Retrait de points et récupération : ce qu’il faut savoir

Le retrait de 3 points pour usage du téléphone au volant peut sembler anodin, mais il peut avoir des conséquences dramatiques selon votre situation. Pour un jeune conducteur en période probatoire qui ne dispose que de 6 points, cette infraction représente la moitié de son capital points.

La perte de points intervient automatiquement après le paiement de l’amende ou la condamnation définitive si vous avez contesté. Vous recevez alors une lettre recommandée vous informant du nouveau solde de points sur votre permis de conduire. Cette notification arrive généralement 2 à 4 semaines après le paiement.

Comment récupérer vos points ?

La récupération automatique des points s’effectue selon ces règles :

  • Récupération totale : 3 ans sans infraction (2 ans pour les contraventions de première classe)
  • Récupération partielle : 1 point par an si vous ne commettez aucune infraction
  • Stage de récupération : jusqu’à 4 points récupérés une fois par an

Pour les jeunes conducteurs, la situation est plus délicate. En période probatoire, toute infraction entraînant une perte de 3 points ou plus oblige à effectuer un stage de sensibilisation à la sécurité routière. Ce stage coûte environ 250 euros et doit être réalisé dans les 4 mois suivant la réception de la lettre recommandée.

Rétention et suspension du permis : les nouvelles mesures drastiques

Depuis 2020, le décret n°2020-605 a considérablement durci les sanctions pour l’usage du téléphone au volant. Désormais, si vous utilisez votre téléphone en même temps qu’une autre infraction, vous risquez la rétention immédiate de votre permis.

Les infractions concomitantes qui déclenchent cette mesure sont nombreuses :

  • Non-respect d’un feu rouge ou d’un stop
  • Franchissement d’une ligne continue
  • Circulation sur la bande d’arrêt d’urgence
  • Non-respect des distances de sécurité
  • Changement de direction sans clignotant

Dans ce cas, les forces de l’ordre peuvent immédiatement retenir votre permis et vous interdire de conduire. Cette suspension administrative peut durer jusqu’à 6 mois, voire 1 an dans les cas les plus graves. Vous devrez alors faire appel à un avocat spécialisé en permis de conduire pour tenter de limiter les conséquences.

Cette mesure vise à lutter contre la conduite dangereuse. L’idée du législateur est simple : utiliser son téléphone tout en commettant une autre infraction démontre une négligence grave qui justifie un retrait immédiat du droit de conduire.

Interdictions d’accessoires : ce qui est autorisé et ce qui ne l’est pas

Beaucoup de conducteurs pensent contourner l’interdiction en utilisant des accessoires. Grave erreur ! La réglementation est très stricte sur ce point et a même été renforcée ces dernières années.

Accessoires interdits

Depuis 2015, l’usage de certains équipements est formellement interdit au volant :

  • Oreillettes et écouteurs (même bluetooth)
  • Casques audio (sauf pour les deux roues où le casque de protection est obligatoire)
  • Kits oreillettes filaires
  • Appareils susceptibles d’émettre du son dans le conduit auditif

Cette interdiction s’explique par la nécessité de préserver votre capacité d’audition des bruits extérieurs : klaxons, sirènes d’ambulance, bruits de freinage d’urgence. Utiliser une oreillette vous expose aux mêmes sanctions que l’usage du téléphone tenu en main.

Solutions autorisées

Heureusement, certaines alternatives restent légales :

  • Haut-parleur du véhicule (système mains-libres intégré)
  • Systèmes de navigation embarqués
  • Commandes vocales du véhicule
  • Support téléphone avec activation vocale

L’idée générale est que vous ne devez pas tenir votre téléphone et que vos capacités auditives ne doivent pas être altérées. Le kit mains-libres intégré au véhicule reste donc la solution la plus sûre légalement.

Contrôles automatisés et stratégies de contestation

Avec le développement de la vidéo-verbalisation, de plus en plus de conducteurs reçoivent des amendes automatisées pour usage du téléphone au volant. Ces avis de contravention présentent des particularités qu’il faut connaître pour protéger ses droits.

Fonctionnement de la vidéo-verbalisation

Les caméras fixes ou embarquées dans les véhicules de police peuvent désormais détecter l’usage du téléphone. L’avis de contravention est alors envoyé au titulaire du certificat d’immatriculation, pas forcément au conducteur au moment des faits.

Cette distinction est cruciale car elle ouvre des possibilités de contestation spécifiques. Si vous n’étiez pas au volant (véhicule prêté, volé, conduit par un proche), vous pouvez contester en fournissant les justificatifs appropriés.

Stratégies de contestation sur l’ANTAI

Le site de l’ANTAI (antai.gouv.fr) permet de contester les contraventions en ligne. Pour l’usage du téléphone, plusieurs moyens de défense existent :

  • Contestation de l’identité du conducteur : vous n’étiez pas au volant
  • Contestation technique : qualité de l’image insuffisante
  • Vice de procédure : défaut de signature, erreur sur le PV
  • Redevabilité pécuniaire : vous acceptez de payer mais refusez la perte de points

La redevabilité pécuniaire est particulièrement intéressante. Elle permet au titulaire du certificat d’immatriculation de payer l’amende sans perdre de points, en refusant de dénoncer le véritable conducteur. Cette option n’est possible que pour certaines infractions et nécessite souvent l’aide d’un avocat spécialisé en permis de conduire.

FAQ : Vos questions les plus fréquentes

Combien de temps pour récupérer 3 points téléphone au volant ?

La récupération de 3 points perdus pour usage du téléphone au volant s’effectue automatiquement au bout de 3 ans sans nouvelle infraction. Cette période commence à partir de la date de paiement de l’amende ou du jugement définitif. Attention : toute nouvelle contravention remet le compteur à zéro.

Vous pouvez accélérer le processus en effectuant un stage de récupération de points, qui vous permet de récupérer jusqu’à 4 points. Ce stage coûte environ 250 euros et peut être réalisé une fois par an.

Téléphone au volant point jeune conducteur : quelles spécificités ?

Pour un jeune conducteur en période probatoire, perdre 3 points sur un capital de 6 ou 8 points selon les cas est particulièrement grave. La perte de 3 points ou plus déclenche automatiquement l’obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

Ce stage doit être effectué dans les 4 mois suivant la réception de la lettre recommandée. En cas de refus, le permis sera annulé. Le stage permet de récupérer jusqu’à 4 points, ce qui peut sauver le permis d’un jeune conducteur.

Combien de temps pour recevoir une amende téléphone au volant ?

Le délai de réception d’un avis de contravention pour usage du téléphone varie selon le type de contrôle. Pour un contrôle classique par les forces de l’ordre, vous recevez généralement l’avis dans les 5 à 10 jours suivant l’infraction.

Pour la vidéo-verbalisation, le délai est plus long : comptez 2 à 4 semaines. Dans tous les cas, l’administration dispose d’un an maximum pour vous envoyer l’avis. Au-delà, l’action publique est prescrite.

Quelle est la nouvelle loi pour le téléphone au volant ?

La nouvelle loi depuis 2020 (décret n°2020-605) permet la rétention immédiate du permis lorsque l’usage du téléphone est concomitant avec une autre infraction. Cette mesure vise les comportements particulièrement dangereux.

Les infractions concernées incluent le non-respect des feux, le franchissement de ligne continue, la circulation sur bande d’arrêt d’urgence, etc. Dans ces cas, vous pouvez perdre votre permis sur-le-champ pour une durée pouvant aller jusqu’à 6 mois.

Amende téléphone au volant sans arrêt : est-ce possible ?

Contrairement à une idée reçue, vous pouvez être verbalisé même si vous n’êtes pas arrêté par les forces de l’ordre. La vidéo-verbalisation permet de constater l’infraction à distance et d’envoyer directement l’avis de contravention au domicile du titulaire du véhicule.

Cette procédure est parfaitement légale et de plus en plus utilisée. Vous recevrez alors un avis de contravention avec une photo prouvant l’usage du téléphone au volant, sans avoir eu de contact direct avec les forces de l’ordre au moment des faits.

Julien

Julien

Expert juridique passionné, partageant conseils et analyses pour vous aider à comprendre vos droits.